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Point de vue : Marc Avril, Responsable Marketing Solutions & Produits M2M de SFR Business Team

M2M : les idées reçues et les bonnes questions à se poser

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La communication Machine To Machine est en train de créer une mini-révolution industrielle. Mais les idées reçues sont encore nombreuses et en restreignent la compréhension et la portée. Explications de Marc Avril, Responsable Marketing Solutions & Produits M2M de SFR Business Team.

Comment définiriez-vous le M2M ou M to M ?

On constate que très souvent, le M2M ou Machine To Machine est assez mal défini. Nous pourrions dire en première approximation qu'il s'agit d'une utilisation des télécommunications pour rendre les objets communicants. Pour préciser, il faut donc rappeler ce qu'il n'est pas, les confusions étant fréquentes :

- l'Internet des objets : il s'agit d'un ensemble très large qui vise à regrouper des objets communiquant entre eux ou via Internet par le biais de protocoles IP. Ces objets peuvent avoir leur propre numéro IP ou URL, et accepter différents types d'étiquetage. Des possibilités qui peuvent s'appuyer sur les capacités d'adressage étendues d'IPv6,

- de la data mobile : ce n'est qu'un sous-aspect du M2M lequel fait effectivement circuler des données sur les réseaux mobiles,

- ce n'est pas que de la communication «Machine To Machine» : il peut s'agir de quantité d'autres combinaisons : du Machine To Man, du Man To Machine, de Machine To Mobile ou de Mobile To Machine...

- un accès à Internet pour de nouveaux types de terminaux. Ici encore la définition est trop restrictive.

Nous préférons donc définir le M2M comme une utilisation des télécommunications pour rendre les objets communicants, dans le but de rendre un service particulier.

Peut-on définir le M2M par les bénéfices clés qu'il peut apporter ?

On peut distinguer trois grands bénéfices, de façon générique :

- une optimisation des produits : dès lors que l'on apporte des capacités intelligentes à un produit, de façon locale ou par le biais d'un lien télécom, on se donne la possibilité d'en optimiser les services. Un exemple classique est celui des systèmes d'alerte embarqués qui, dans un photocopieur par exemple, pourra émettre une alerte assortie d'un pré-diagnostic, voire anticiper une panne... On peut aussi citer l'exemple du Kindle d'Amazon, dont l'usage a été profondément modifié par la possibilité de téléchargements d'ebooks en 3G.

- une optimisation des ressources : ici aussi, l'intelligence locale ou déportée permet de contrôler parfaitement une ressource comme la quantité d'énergie électrique consommée. Ce qui permet par exemple de créer un dispositif sur batterie qui n'aura pas besoin d'être rechargé avant 4 ou 5 ans,

- d'immenses possibilités d'innovation et de création de nouveaux produits. On peut raisonnablement parier que le M2M va engendrer des nouveautés inattendues, créer de nouveaux usages, et ouvrir aux entrepreneurs des opportunités de business considérables.

Que pensez-vous de la fameuse question souvent faite d'entrée de jeu aux prestataires M2M : « quel est votre coût au Mo ? »

C'est l'exemple typique de la fausse bonne question ! Cette approche « au poids » passe à côté des innombrables possibilités de notre approche de « Connectivité M2M Intelligente » . Quand le terminal M2M a besoin absolument d'une mise à jour logicielle est-il vraiment pertinent de raisonner en Mo ? Par ailleurs, suis-je vraiment prêt à dédier des ressources humaines pour constamment surveiller la consommation au Mo des terminaux ?

Raisonner en se basant uniquement sur la notion de volume, « en Mo », est un risque, en ce sens que cela occulte les vraies questions. A savoir : Mon opérateur maîtrise-t-il son réseau et pourra-t-il tenir le choc face à l'explosion du nombre d'objets connectés ? Me permet-il de réduire mes frais de gestion administrative ? Ou encore, permet-il de mieux superviser ma solution à toutes les étapes de son cycle de vie ? ...

Autre demande fréquente fait aux prestataires : « votre solution M2M permet-elle d'accéder aux autres réseaux opérateurs ? »

On croit souvent, à tort, qu'il faut se donner la possibilité de basculer vers un autre opérateur en cas d'échec d'une communication M2M.

En réalité, la vraie bonne solution c'est de pouvoir faire du « handover », c'est-à-dire basculer automatiquement entre la 2G et la 3G. Ce basculement est immédiat, alors que la connexion vers un autre opérateur pourra demander de 20 secondes à 4 minutes suivant nos relevés de terrain. Rappelons que les cellules 2G et 3G sont des installations différentes et fort peu susceptibles de tomber en panne simultanément.

A souligner que SFR Business Team propose également cet accompagnement et cette continuité de service à l'international vers 230 destinations.